Regardez l'étiquette de vos fruits et légumes. Espagne. Maroc. Kenya. Brésil. Pendant qu'on vous parle d'écologie et de circuits courts, vos produits traversent la planète par bateau, camion ou avion. Une mangue importée par avion génère 11,7 kg de CO2 par kilo, soit l'équivalent de 50 km en voiture pour un seul fruit. Pour comprendre l'ampleur de ce système, une enquête complète est disponible ici : enquête sur ces fruits et légumes qui traversent la Terre sous couvert d'écologie.
Le transport : le vrai coupable
En France, le transport représente 19% de l'empreinte carbone de notre alimentation. Pour les fruits et légumes, cela peut grimper jusqu'à 50%. L'avion émet 50 fois plus de CO2 que le bateau. Pire : 40% des émissions liées au transport alimentaire proviennent du trajet entre le magasin et votre domicile. Vous roulez en voiture pour acheter des produits qui ont déjà fait des milliers de kilomètres.
Le plastique : une fausse protection
37% des fruits et légumes sont vendus sous emballage plastique en France. Un milliard d'emballages inutiles chaque année. Les supermarchés justifient le plastique par la conservation, mais des études montrent qu'il augmente parfois le gaspillage. La France a interdit ces emballages en 2022, mais l'Union Européenne a repoussé l'interdiction générale à 2030.
Les traitements interdits
Les produits importés hors Union Européenne ne respectent pas les mêmes règles. Cinq substances interdites en Europe se retrouvent dans des fruits importés : carbendazime, bénomyl, glufosinate, thiophanate méthyl, mancozèbe. Les contrôles varient de 5% à 50% selon les risques. Jusqu'à 95% des envois peuvent ne pas être contrôlés physiquement.
Le bio qui pollue plus
Une mangue bio du Brésil importée par avion génère 11,7 kg de CO2 par kilo. Une pomme locale non bio ? 0,2 kg de CO2. Cinquante-huit fois moins. Les labels bio ne prennent pas en compte le transport. C'est ça, le greenwashing.
Qui gagne vraiment ?
Sur un produit importé, les agriculteurs ne captent que 8% de la valeur. Les importateurs : 35%. La grande distribution : 43%. Presque la moitié du prix que vous payez revient aux enseignes.
Comment agir ?
Téléchargez un calendrier de saison, allez au marché, regardez les étiquettes, acceptez les produits moins calibrés, cuisinez brut, interrogez les enseignes et partagez l'information. Chaque euro dépensé est un vote. Pour aller plus loin et découvrir l'enquête complète, consultez ce lien : l'enquête sur les fruits et légumes qui traversent la Terre.
